| 2- Quelles méthodes pour doper sa concentration? |
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Un problème de manque de concentration ? Au pays de l’écologie cognitive et des nouvelles technologies, différentes méthodes existent et rivalisent de promesses. Le Monde de l’Intelligence a sélectionné pour vous 5 techniques à mettre en œuvre. Chacune avec ses modalités, ses contraintes. Mais toutes supposent une discipline quotidienne. Voici comment… Par Maxence Layet
Découverte à peu près à la même époque que la psychanalyse, l’hypnose est un état modifié de conscience en prise directe avec l’inconscient. « La visualisation, l’auto-hypnose sont des outils que les sportifs utilisent, que tout le monde peut utiliser. Sauf qu’en général, on ne l’a pas appris, » regrette Élizabeth Mentzel, hypnothérapeute dans la région toulonnaise. Un îlot de calme, trois respirations, un décompte de 1 à 10, être présent à soi et à ce que l’on fait, le temps de se remémorer une situation déjà vécue et réussie… Une fois initié, il suffit d’une minute pour mener à bien une séance d’auto-hypnose. « Durant ces moments de rendez-vous avec soi, on travaille sur des images mentales, précise Elizabeth Rossé, victimologue et psychologue clinicienne. Celles-ci nous permettent de travailler l’émotion, et, in fine, de modifier la pensée. Car les impossibilités qui nous pèsent sont souvent des opinions. Non des faits. Le problème, c’est la fausse image de soi délimitant les zones du possible. En chacun de nous réside ce qu’on peut appeler un mécanisme créatif. Comme tout ordinateur, ce mécanisme travaille sur l’information et les données que nous lui fournissons, nos pensées, nos croyances, et qu’il va chercher à réaliser. » Prendre conscience de ce guidage automatique permet d’apprendre comment l’employer en tant que mécanisme de réussite et non plus d’échec. Et d’imaginer par exemple, dans les moindres détails, un état d’intense concentration. Puis de capturer ce sentiment ou ce ressenti comme s’il existait pour le réactiver le moment venu. Il n’y a même pas besoin, semble-t-il, d’un travail spécifique. Le seul fait de pratiquer l’auto-hypnose induit la capacité de concentration. « Tout comme quand vous pratiquez l’escalade, poursuit Élizabeth Rossé. Lorsque vous êtes focalisé sur la prise suivante, naturellement, votre pensée, vos idées ne sont pas ailleurs. Il s’agit d’être là. » ♦
Pratiqué en Chine depuis plusieurs millénaires, et une petite trentaine d’années en Occident, l’objectif avoué du Qi Gong est le travail sur l’énergie (le Qi), la maîtrise des émotions, la perception de l’unité du monde… La méthode tient du développement personnel ou spirituel, et non neurophysiologique. Les mouvements où les respirations du Qi Gong facilitent toutefois une concentration accrue, indirectement. « Contrairement à ce que l’on croit, le développement de la concentration n’est pas simplement la capacité de focaliser sur un point. De mon point de vue, la concentration dépend de la capacité d’attention, explique Yves Réquéna, médecin et enseignant à l’Institut Européen de Qi Gong. Il y a des attentions focalisées, comme lorsqu’on focalise sur un problème intellectuel, et des attentions périphériques. Le Qi Gong développe cette attention flottante, panoramique, qui concerne le champ de conscience. C’est-à-dire la capacité de pouvoir être attentif à plusieurs choses à la fois. Or il s’avère que le développement de l’attention périphérique stimule largement l’attention focalisée, la capacité de se concentrer sur un point particulier. » Dans les enchaînements du Qi Gong, souvent sophistiqués, le pratiquant est invité à visualiser différents « flux d’énergies », issus de la lune, du soleil ou d’un arbre par exemple, et ne faire qu’un avec son mouvement ou sa respiration. Perfectionnant la capacité à situer son corps dans l’espace, la perception de gestes situés derrière son champ de vision, la conscience des muscles doucement synchronisés avec le mouvement de la respiration, etc.
Lunettes à diodes clignotantes, logiciel générant des animations psychédéliques… La batterie d’outils « techno » à même de modifier le rythme de nos ondes cérébrales se démocratise. Ces instruments plus ou moins perfectionnés, encore confidentiels en France mais courants au Canada ou aux États-Unis, n’ont toutefois rien d’inédit. Ils répliquent des effets déjà connus, des manifestations de transe ou de crise d’épilepsie observées par exemple lors de longues séances de percussions ou en présence d’impulsions lumineuses émises par un stroboscope ou un jeu vidéo. L’influence de ces stimulations répétées sur l’activité du cerveau, et l’état de conscience modifié que ces rythmes sonores ou lumineux produisent, est réelle. Mise en évidence en 1975, cette tendance naturelle du cerveau à se synchroniser avec des fréquences extérieures est connue des spécialistes sous le terme de Réponse d’Adoption de Fréquence (RAF) ou de Frequency Following Response (FFR) en langue anglaise. Faut-il y voir un moyen d’accroître sa concentration ? Oui, affirment les professionnels de la manip’. Après avoir essayé des milliers de combinaisons de fréquences sonores pour sélectionner les plus efficaces, l’Institut Monroe, centre de recherche américain d’exploration de la conscience déjà découvreur de l’effet RFA/FFR, a ainsi développé son propre procédé audio de synchronisation cérébrale : la technologie Hémi-Sync. « Si l’on fait entendre simultanément un son différent dans chacune des deux oreilles, les deux hémisphères du cerveau seront « encouragés » à produire simultanément la même quantité d’impulsions électriques à droite comme à gauche, » explique Dominique Lussan, formatrice en France aux techniques de l’Institut Monroe. Un troisième son différentiel apparaît alors - on parle de son binaural - dont la fréquence est « déterminée par la différence entre les deux sons originaux entendus par chaque oreille » et précisément programmée en fonction de l’effet voulu sur la relaxation, la mémoire ou l’attention de l’auditeur. Des programmes spécifiques à l’origine de cassettes, de CDs, et de logiciels musicaux « inducteurs de conscience », réglés sur des rythmes prédéfinis et vendus chacun environ 20 euros. ♦ Pour aller plus loin
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Le fonctionnement de notre corps – sa température, la dilatation des pupilles ou la micro-transpiration de la peau – nous est habituellement inaccessible. Les systèmes à base de biofeedback, un terme anglo-saxon que l’on peut traduire par « retour d’informations biologiques », amplifient ces paramètres physiologiques de façon à les rendre audibles ou visibles. Ces expériences, menées depuis les années 1960, ont bouleversé l’étude des influences corps-cerveau (lire notre encadré p. 24).
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